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L’alsacien, une fois de plus entre deux chaises ?

D'Heimet 182 Mars 2010


En page 18 de la dernière parution, nous publiions l’article 1 de l’arrêté du 17 novembre 2009 relatif aux missions et à l’organisation de la délégation générale à la langue française et aux langues de France…

Il y est en effet question des langues de France, enfin reconnues en tant que partie intégrante du patrimoine de la République conformément à l’article 75.1 de la Constitution, « …et de son identité » ( cf. François de Ruy, député écologiste de Loire-Atlantique – débat parlementaire à l’Assemblée Nationale du 8 décembre 2009 ).

Il faut malheureusement constater que, dans l’absolu, aucune école alsacienne ne dispense d’enseignement en langue régionale. Certes, le bilinguisme paritaire français-allemand pratiqué dans un certain nombre de sites, prépare les élèves, via les sections Abibac, aux examens de baccalauréat français et à l’Abitur allemand. Personne ne s’en plaindra et nous soutenons sans réserve ces initiatives et filières.

Cet allemand standardisé est la forme écrite de notre langue régionale qui lui offre une ouverture internationale indispensable. L’allemand, comme le précise très justement Philippe MOURAUX, Juriste-Linguiste principal à la Cour de Justice des Communautés Européennes au Luxembourg, a la triple vertu d’être à la fois l’expression écrite et la langue de référence des dialectes régionaux, la langue des pays les plus voisins ( 25 millions de germanophones pour 6 millions de francophones dans un rayon de 250 kilomètres autour de Strasbourg ) et une grande langue de diffusion internationale.

Toutefois, le slogan « apprendre la langue du voisin » ne peut être l’entière réponse à nos attentes. Avec ce slogan nos filières bilingues se trouvent assimilées aux projets des établissements scolaires internationaux, suscitant  les craintes d’élitisme, et quelque peu marginaux au concept propre à la langue régionale …et à ses droits !

A titre de comparaison : aurait-on idée de proposer des filières bilingues français-italien en Corse ? Et pourtant, si l’Alsace « devient française » au XVII° siècle, l’Ile de Beauté ne s’est intégrée au Royaume de France que par le traité de Versailles du 15 mai 1768, après une domination continue de la République de Gênes de près de 5 siècles !

Les deux expressions : dialectale et standard sont indissociables pour se reconnaître dans l’appellation « langue régionale ».


« N’opposons pas l’Elsasserditsch au Hochdeutsch » insiste Thierry KRANZER, attaché de presse des Nations Unies, intervenant dans un échange entre personnalités régionales où d’aucuns craignent un mix de Hochdeutsch et de dialecte, à leur avis, totalement ingérable au sein de l’école. Et de poursuivre : « L’existence et la présence (audibilité) du Elsasserditsch est le meilleur moyen de s’approprier et de conserver la langue et la culture allemande comme patrimoine de l’Alsace. Si le dialecte disparaît, la conscience va disparaître aussi, et tout le monde aimera bien l’allemand, mais personne ne le considérera comme un élément de notre culture avec toute la démultiplication et transcendance intellectuelle que cela implique », confiant un peu plus loin : « Lorsque je parle allemand dans le milieu des relations internationales, c’est très important en matière de réseaux, un plus indéniable. Lorsque je parle alémanique (Elsasserditsch) …c’est une autre planète : je deviens un frère (…) ».

Le premier parlementaire allemand d’origine turque Cem Özdemir se plaît d’affirmer « j’ai entendu parler le souabe avant l’allemand » (DNA du 04/02/2010), ce qui ne l’a pas empêché d’accéder aux fonctions qui sont les siennes, tout immigré qu’il est !

Yves Bisch, membre de notre comité-directeur et chantre infatigable de la promotion du dialecte engage : (Ami Hebdo du 20 septembre 2009) « Le bilinguisme a besoin d’une réelle assise populaire (…) l’alsacien devrait être introduit progressivement au milieu du français et de l’allemand ». Son expérience à Rixheim est concluante et les résultats sont excellents. « Quel enfant ira acheter du pain en allemand dans son village ? Il le fera en dialecte…».

Dans un intereview publié le 5 février 2010 par l’Express, Xavier North, délégué général à la langue française et aux langues de France a la part belle en répondant aux questions de Michel Feltin, journaliste dans le cadre d’Expolangues 2010 à Paris : « l’avenir des langues régionales françaises dépend de la volonté des locuteurs ».

Mesdames et Messieurs, électeurs et élus, il est grand temps de rendre à notre langue et à notre culture la place qui leur revient !

                                                                          La Rédaction


Dialectes en perdition

courrier de lecteur :


    J’ai eu récemment l’occasion de présenter le Musée du Pétrole de Merkwiller-Pechelbronn à un groupe d’une quarantaine de nos voisins du Pays de Bade. Avant de leur montrer la vidéo sur la saga de l’Or Noir dans notre région, j’ai fait un effort pour parler « Hochdeutsch » à nos visiteurs en leur disant qu’ils allaient devoir se contenter d’un « alsacien germanisé », étant donné que ma maîtrise de l’allemand standard est tout à fait défaillante. Ils m’ont alors répliqué que je pouvais très bien faire la présentation en « alsacien ». Et ce que j’ai fait effectivement sans rencontrer le moindre problème d’intercompréhension. Il faut dire que ce groupe de visiteurs venait d’une petite ville de l’autre côté du pont de Gambsheim. Jà, die redde genau wie mer !

Autrement dit le Rhin n’a jamais été une frontière ni linguistique ni culturelle !

Par contre, lors de notre discussion sur les problèmes linguistiques, ils m’ont fait part de leurs regrets à propos de la disparition de leur « dialecte » au profit de l’allemand standard, de l’allemand de l’école. Pour eux aussi, l’allemand de l’école, la « Schulsprache » commence

à éradiquer la « Umgangssprache » dialectale au profit de l’allemand standard. Mais je dirais que c’est un moindre mal par rapport à notre cas. En Alsace la « Schulsprache », autrement dit le français, a supplanté la langue maternelle. Pour nos voisins badois la perte est d’ordre linguistique et psychologique. Les enfants perdent leur « Mundart » sans pour autant perdre la langue source de leur langue tandis que nos petits Alsaciens perdent une partie de leur âme en entrant à l’école maternelle et se soumettant au règne du français scolaire standard. Et malheureusement la plupart des jeunes parents n’osent plus parler le dialecte avec leurs rejetons. Ils préfèrent leur parler français pour que leurs chers petits se sentent à l’aise en abordant leur scolarité à l’école maternelle, où on parle uniquement en français. Les raisons de cette aliénation ont été souvent et longuement analysées, mais je crois que nous avons assisté à une « Volksverdummung » et à un lavage de cerveaux dont nous avons été les sujets disciplinés et consentants.

François Weiss




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